Les troubles en France accentuent la pression sur les projets budgétaires du gouvernement pour 2027, les investisseurs mettant en balance la hausse des coûts d’emprunt et le risque d’un ralentissement de la croissance. Au 24 octobre 2026, d’autres manifestations étaient prévues après que les rendements des obligations d’État de référence ont atteint, plus tôt dans la semaine, leur niveau le plus élevé depuis 2002.

Points clés à retenir

  • Le rendement des obligations françaises à 10 ans a augmenté de 11 points de base le 22 octobre, creusant son écart avec la dette allemande.
  • La réduction du déficit proposée par le gouvernement repose sur des mesures budgétaires contestées dont les députés débattront à nouveau le 27 octobre.
  • Le commerce de détail, le tourisme et les transports sont directement perturbés, tandis qu’une incertitude prolongée pourrait peser sur les investissements et les prêts bancaires.

Table des matières

Les troubles en France accentuent le défi budgétaire

La question immédiate pour les investisseurs est de savoir si le gouvernement peut réaliser les économies prévues sans davantage affaiblir la confiance. Son projet de budget vise à ramener le déficit à 5 % du PIB en 2027, contre un niveau projeté de 5,4 % en 2026. Aucun de ces chiffres ne correspond à un résultat budgétaire définitif.

L’Assemblée nationale doit reprendre le 27 octobre le débat sur les mesures fiscales du budget, auxquelles s’opposent les députés de l’opposition. Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché chez Ebury, a déclaré que l’adoption du budget restait incertaine et averti que des concessions pourraient ne pas permettre de traiter suffisamment le déficit.

Alain Durré, responsable de la recherche économique EMEA chez Natixis CIB, a indiqué que le gouvernement pourrait chercher à maintenir ses objectifs budgétaires au moyen de l’article 49.3 ou d’ordonnances exécutives. L’article 49.3 permet l’adoption d’un projet de loi sans vote final de l’Assemblée, sauf si les députés approuvent une motion de censure. Il s’agit de voies possibles, et non de décisions annoncées.

ÉchéanceDétails
24 octobre 2026D’autres manifestations sont prévues.
27 octobre 2026L’Assemblée nationale doit reprendre le débat sur les mesures fiscales du budget.
5 novembre 2026Journée nationale de grèves et de manifestations organisée par les syndicats prévue.

Les tensions sur le marché obligataire persistent malgré le maintien de la note

Le rendement des obligations d’État françaises de référence à 10 ans, appelées OAT, a grimpé de 11 points de base le 22 octobre. L’écart avec les Bunds allemands de même échéance s’est creusé pour atteindre son niveau le plus élevé depuis novembre 2011, signalant un coût d’emprunt relatif plus élevé pour la France.

Moody’s a maintenu la note de crédit Aa3 de la France le 23 octobre, tout en conservant une perspective négative. L’agence a déclaré que la fragmentation politique risquait d’entraver le fonctionnement des institutions législatives et indiqué que des progrès crédibles dans la réduction du déficit pourraient permettre un retour à une perspective stable.

Durré a attribué les récentes tensions sur la dette souveraine française principalement à des réallocations tactiques de portefeuilles, précisant que les investisseurs traditionnels adoptant une stratégie d’achat et de conservation restaient encore à l’écart. Cette analyse ne permet pas d’établir que les manifestations sont à elles seules à l’origine de la hausse des rendements.

Le risque pour la croissance dépend de la durée des perturbations

Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, a déclaré qu’une dégradation persistante de la confiance pourrait avoir plus d’importance que des perturbations de courte durée. Dans une note du 20 octobre, elle a prévu une croissance du PIB français de 0,3 % en 2026 et de 0,6 % en 2027, avec des résultats plus faibles possibles si les troubles se poursuivaient ou si les tensions sur les marchés financiers s’intensifiaient.

L’analyse de la Banque de France sur l’impact des grèves de 2023 constitue un point de comparaison historique utile, et non une prévision concernant les troubles actuels. Elle estimait que les mouvements sociaux avaient réduit la croissance du PIB au premier trimestre 2023 d’environ 0,1 point de pourcentage, avant un rebond d’ampleur à peu près équivalente au deuxième trimestre.

Cette reprise montre pourquoi des interruptions temporaires ne se traduisent pas nécessairement par une perte durable de production. La préoccupation actuelle est que les ménages évitent les centres-villes, que les touristes reportent leurs voyages et que les entreprises retardent plus longtemps leurs investissements, ce qui rendrait le rattrapage de l’activité plus difficile.

Le commerce de détail et le tourisme sont les plus immédiatement exposés

ING a identifié le commerce de détail, l’hôtellerie-restauration et le tourisme, ainsi que les transports et la logistique, comme les secteurs les plus directement exposés. Les magasins sont confrontés à une baisse de fréquentation et à des fermetures, tandis que les restaurants, les hôtels et les services de voyage peuvent perdre des dépenses que les clients ne reportent pas à une date ultérieure.

L’action Carrefour a chuté de plus de 14 % le 21 octobre après que le groupe de grande distribution a abaissé ses perspectives de bénéfice et réduit ses investissements. L’entreprise a cité les troubles et la hausse des coûts de l’énergie parmi les facteurs pesant sur le moral des consommateurs. L’indice CAC 40 français avait reculé de 4,5 % au cours du mois précédent.

L’exposition ne se limite pas non plus aux entreprises directement touchées par les perturbations. Kevin Thozet, conseiller en portefeuille chez Carmignac, a averti qu’une incertitude prolongée pourrait ralentir les prêts bancaires et entraîner des problèmes de crédit. Les entreprises du luxe réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires à l’étranger, mais la baisse du tourisme pourrait malgré tout nuire aux achats en France.

Conclusion

La prochaine échéance législative est la reprise, le 27 octobre, du débat sur les mesures fiscales du budget. Pour les investisseurs qui évaluent les troubles en France, la question essentielle est de savoir si le gouvernement peut préserver la réduction du déficit prévue tout en limitant une érosion plus durable de la confiance économique.

Lire d’autres actualités

Plus d’actualités de FinanceVelix

Avertissement

Cet article de FinanceVelix fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil financier, d’investissement, juridique ou fiscal personnalisé. Les cours du marché, les taux d’intérêt et les conditions économiques peuvent évoluer ; les investissements comportent un risque de perte. Les faits reflètent les informations disponibles au moment de la publication et peuvent changer. Vérifiez de manière indépendante les informations importantes et consultez un professionnel qualifié si nécessaire. La mention d’un actif, d’une entreprise ou d’un service ne constitue pas une recommandation.